LECTURE 

 

Ce livre a fait un tabac .... vous l'avez sans doute lu, 

mais moi je suis très souvent en retard sur les sorties littéraires  !  

 

Aux quelques unes qui n'auraient pas encore eu la chance de le lire (oui oui la  chance ! )

Je dis :  Veinardes ! 

(et oui veinardes car vous allez le découvrir !  et oui  je vous  jalouse !)

 

Je dis  "Courrez  acheter ce livre" ! 

Et ne vous fiez pas à ce titre en peu mièvre au premier abord

(mais qui prend toute sa force après lecture, oui oui vous verrez !)

 

Je ne vais pas le résumer, 

Vous le dévoiler, ne serait ce qu'un peu,  serait vous priver d'un  vrai bonheur ! 

( ne chercher surtout pas à savoir,  par pitié n'allez pas sur Babelio et autres sites critiques ! ), 

La trame se dévoilera bien assez vite ,

Chapitre après chapitre, goûter chaque mot, comme un bonbon fondant, laisser le suc s'écouler ....

 

En dépit des drames effroyables, de ceux qui brisent une vie, 

C'est  la vie plus forte que tout,  la vie malgré tout.... 

 

Comme  j'aimerai  rencontrer une  Violette, un Sascha, un Nono ... 

 

C'est un livre fort d'émotions,   

 un livre que je n'oublierai pas, un de ces rares livres que je vais garder et que je relirai  (et ils sont très peu nombreux.) 

 

 EXTRAITS

 

Mes voisins de palier n’ont pas froid aux yeux. Ils n’ont pas de soucis, ne tombent pas amoureux, ne se rongent pas les ongles, ne croient pas au hasard, ne font pas de promesses, de bruit, n’ont pas de sécurité sociale, ne pleurent pas, ne cherchent pas leurs clés, leurs lunettes, la télécommande, leurs enfants, le bonheur.

Ils ne lisent pas, ne payent pas d’impôts, ne font pas de régime, n’ont pas de préférences, ne changent pas d’avis, ne font pas leur lit, ne fument pas, ne font pas de listes, ne tournent pas sept fois leur langue dans la bouche avant de parler. Ils n’ont pas de remplaçants.

Ils ne sont pas lèche-cul, ambitieux, rancuniers, coquets, mesquins, généreux, jaloux, négligés, propres, sublimes, drôles, accros, radins, souriants, malins, violents, amoureux, râleurs, hypocrites, doux, durs, mous, méchants, menteurs, voleurs, joueurs, courageux, feignants, croyants, vicelards, optimistes.

Ils sont morts.

La seule différence entre eux, c’est le bois de leur cercueil : chêne, pin ou acajou.

 

 

 

 

La sage-femme devait me trouver un prénom vite fait pour remplir les cases, elle a choisi Violette. J'imagine que je l'étais de la tête aux pieds. Quand j'ai changé de couleur, quand ma peau a viré au rose et qu'elle a dû remplir un acte de naissance, elle n'a pas changé mon prénom.

On m'avait posée sur un radiateur. Ma peau s'était réchauffée. Le ventre de ma mère qui ne me désirait pas avait dû me glacer. La chaleur m'a ramenée vers le jour. C'est sans doute pour cela que j'aime tellement l'été, que je ne rate jamais une occasion de me caler dans le premier rayon de soleil venu comme une fleur de tournesol.

Mon nom de jeune fille c'est Trenet, comme Charles. Après Violette, c'est sans doute la même sage-femme qui m'a donné mon nom de famille. Elle devait aimer Charles. Comme je l'ai aimé à mon tour. Je l'ai longtemps considéré comme un cousin éloigné, une sorte d'oncle d'Amérique que je n'aurais jamais rencontré. Quand on aime un chanteur, à force de chanter ses chansons, on a comme qui dirait un lien de parenté quand même.

Toussaint est venu plus tard. Quand je me suis mariée avec Philippe Toussaint. Avec un nom pareil, j'aurais dû me méfier. Mais il y a des hommes qui s'appellent Printemps et qui cognent leur femme. Un joli nom, ça n'empêche personne d'être un salaud.

 

 

 

Quand Léonine est apparue, ma jeunesse s'est fracassée aussi violemment qu'un vase en porcelaine sur du carrelage. C'est elle qui a enterré ma vie de jeune fille. En quelques minutes, je suis passée du rire aux larmes, du beau temps à la pluie. Comme un ciel de mars, j'étais les éclaircies et les giboulées en même temps

 

 

 

 

En avril, je mets des larves de coccinelles sur mes rosiers et ceux des défunts pour lutter contre les pucerons.

 C'est moi qui dépose les coccinelles avec un petit pinceau une à une sur les plantes. C'est comme si je plantais des escaliers entre la terre et le ciel.

Je ne crois pas aux fantômes ni aux revenants, mais je crois aux coccinelles.

 

 

 

 

Mais je ne suis pas apte.

Apte ?

 oui, apte.

Mais je ne vous parle pas de service militaire.

Je suis inadaptée, cassée. C'est impossible l'amour pour moi. Je suis invivable. Plus morte que les fantômes qui traînent dans mon cimetière. Vous n'avez donc pas compris ? C'est impossible."

 

 

 CHANGER L'EAU DES FLEURS 

VALERIE PERRIN

 

 

L1140957

 

 

Et  pour vous quelle lecture ?